

En septembre 2026, le marché du crédit immobilier change progressivement de direction. Après la stabilité observée au début de l’été, plusieurs banques commencent à relever leurs barèmes ou à réduire leurs marges de négociation. Les taux moyens restent toutefois proches des niveaux constatés en juin.
Les taux moyens observés en septembre se répartissent ainsi :
sur 15 ans : de 3,23 % à 3,45 % ;
sur 20 ans : de 3,40 % à 3,55 % ;
sur 25 ans : de 3,50 % à 3,65 %.
Ces écarts ne traduisent pas une contradiction sur la tendance générale. Ils illustrent surtout la diversité des politiques commerciales appliquées par les établissements. Certaines banques ont déjà relevé leurs conditions, tandis que d’autres continuent à limiter la hausse afin d’atteindre leurs objectifs de production ou de conquérir de nouveaux clients.
La principale source de tension vient de l’OAT française à 10 ans, dont le rendement se maintient au-dessus de 4 %. Cet indicateur sert de référence au marché obligataire et influence indirectement le coût auquel les banques se financent. Lorsqu’il augmente durablement, les établissements disposent de moins de marge pour maintenir leurs taux immobiliers.
Depuis plusieurs mois, les banques ont absorbé une partie de cette hausse afin de préserver leur activité commerciale. Cette stratégie semble atteindre progressivement ses limites : certains établissements commencent à répercuter davantage leurs coûts ou à réduire les décotes accordées lors des négociations.
Les incertitudes concernant le budget 2027 et le contexte politique français entretiennent également la nervosité des marchés. La réunion de la Banque centrale européenne prévue en septembre constitue une autre échéance importante, même si son impact précis sur les barèmes bancaires reste encore incertain.
Le crédit immobilier reste accessible et les banques continuent de rechercher de nouveaux clients. Les meilleurs dossiers peuvent encore bénéficier de conditions préférentielles, notamment lorsque les revenus sont stables, l’apport cohérent et la gestion des comptes rassurante.
En revanche, les différences entre établissements deviennent plus importantes. La première proposition reçue ne reflète donc pas nécessairement les meilleures conditions disponibles. Comparer les banques, préparer soigneusement son dossier et négocier au bon moment peuvent permettre de limiter les effets de la remontée.
Même modérée, une hausse des taux augmente le coût total du financement et peut réduire le capital empruntable à mensualité identique. Les porteurs d’un projet déjà mûr ont donc intérêt à vérifier rapidement leur capacité de financement.
Le scénario qui se dégage est celui d’une remontée progressive au cours des prochains mois, et non celui d’un nouveau choc du crédit. Cette orientation dépendra principalement de l’évolution de l’OAT, des décisions de la BCE et de la capacité des banques à continuer d’absorber la hausse de leurs coûts.
La concurrence bancaire devrait néanmoins empêcher un mouvement uniforme. Certains établissements pourront encore proposer des conditions attractives afin de cibler les meilleurs profils ou de remplir leurs objectifs commerciaux.
Septembre marque un changement de tendance : les taux restent proches de ceux observés en juin, mais les pressions haussières se renforcent. Pour les emprunteurs, le marché demeure ouvert, avec une exigence accrue de comparaison, de préparation et de réactivité.
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